“Cette idée là n’est pas de moi !“ Je le confesse, un peu à la façon dans le conte de la Sorcière du placard à balais. « Cette fois, la sorcière ne rit plus. Elle pousse un cri de rage: – Hein? Quoi? Cette idée-là n’est pas de toi! »
En effet, cette idée provient des parents de mon ami Jean-Baptiste Joatton. C’était un système très efficace de babysitting collaboratif utilisé par ses parents dans les années 80.
On le sait, les jeunes parents manquent cruellement de temps pour eux, pour souffler du rythme éreintant, des nuits trop courtes et de toutes la logistique familiale. On sait aussi que c’est la période de la vie avec le moins d’argent disponible. Les économies sont passées dans l’achat de ce trois pièces cuisine, où l’aménagement de la chambre d’enfant.
S’offrir une soirée ciné ou un restaurant, moyennant la disponibilité de la baby-sitter, revient rarement à moins de 50-60€. Le tarif moyen d’un babysitting étant aux environs de 10€/h.
Le baby-stting open-source !
Voici « garde à l’œil » le baby-sitting open source que j’ai pu expérimenter pendant l’enfance de mes filles. Sans vraiment le savoir nous expérimentons un système de troc non monétaire où les familles échangent du temps et des services.
Le principe était simple. Nous avions réuni un groupe d’une dizaine de familles du quatier.
Le choix des familles se fait via cooptation, ce qui garantit un niveau de confiance élevé, indispensable dans le cadre de la garde d’enfants. De plus, le fait que les enfants connaissent déjà les autres familles réduit le stress.
Un système de point est mis en place. Les points permettent de quantifier les échanges et de maintenir un équilibre entre contribution et bénéfice. Chaque famille est incitée à contribuer au système (garder des enfants = gagner des points) pour pouvoir en bénéficier (faire garder ses propres enfants = dépenser des points). Chaque famille démarre avec 0 point. Une heure de garde + 1 point.
Une règle interdisant d’avoir un solde de points négatif évite les abus et pousse les familles à maintenir un comportement coopératif. Et pour éviter les abus, les heures de garde après minuit comptent doubles.
Chaque famille peut suivre son solde de points en temps réel (ex: Google spreadsheet) réduisant le risque de conflits ou de malentendus.
Par exemple la famille A envoie sur le groupe WhatsApp une demande de garde pour le samedi soir de 20h à 23h (soit 3h). Un parent de la famille B accepte la garde et gagne 3 points.
La semaine suivante la famille B demande une garde pour 3h. Cette fois c’est la famille C qui va assurer la garde. Et ainsi de suite.
Je garde un merveilleux souvenir de ce fonctionnement. Nous sortions environ une soirée par mois et gardions les enfants des amis aussi une soirée par mois. Avec la dizaine de famille participantes, il y avait presque toujours une réponse favorable à nos demandes, même au dernier moment.
Dans un sens, nous étions deux à bénéficier du service, tandis qu’un seul parent rendait le service. Et puis c’est chouette de garder les enfants de ses amis ou voisins. C’est un moment privilégié. Une fois les enfants couchés j’avais une soirée pour moi. Pour terminer le livre, le film ou le projet de mon choix.
Voici le règlement que nous avions établit : https://www.dropbox.com/scl/fi/gh3p708r8qqiclrcgs9vg/reglement-garde-a-l-oeil.rtf?rlkey=tmukeavbtfrtrtv7l5x2voe2p&dl=0
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